Kaolack - Commandant Omar Dieng, inspecteur régional des Eaux et forêts : «Le problème de la dégradation des sols est très poussé dans le Sine-Saloum»

La dégradation des sols est une réalité dans la région de Kaolack. Ce phénomène qui est accentué par l'action de l'homme dans cette partie du bassin arachidier impacte négativement la vie économique des populations. Mais grâce au recours à   des techniques culturales «appropriées» importées du Japon, à   travers le projet Codeval, les rendements agricoles des agriculteurs ont sensiblement augmenté.

La dégradation des sols est une triste réalité dans la région naturelle du Sine-Saloum, selon le commandant Omar Dieng, ins­pecteur régional des Eaux et forêts de la région de Kaolack. Ce phénomène impacte «négativement» la vie économique des populations. Mais avec le soutien de l'Agence japonaise de la coopération internationale (Ji­ca), des agents forestiers de la région essayent de renforcer, à   tra­vers le projet Codeval, la ca­pa­cité des techniciens, mais surtout des population pour les aider à   mieux appréhender ce problème des sols, à   y trouver des solutions. «Nous sommes dans une zone de sol dégradé, et malheureusement beaucoup de gens pensent que c'est dû à   la fatalité ou à   des phénomènes naturels, alors que pour la plupart, cette dégradation émane des actions de l'homme», a révélé M. Dieng lors d'une visite de presse organisée par l'Agence japonaise de la coopération internationale (Jica) dans la région de Kaolack la semaine dernière. A la question de savoir comment l'homme peut-il dégrader le sol, il explique qu'une culture mal pratiquée peut dégrader un sol. «Par exemple, un terrain en pente, si vous cultivez dans le sens de la pente, vous favorisez l'érosion hydrique. Quand il pleut, vous allez favoriser le lessivage, mais si vous cultivez perpendiculairement à   cette pente, vous créez un système de freinage à   l'écoulement d'eau. Donc, une pratique culturale non appropriée peut dégrader un sol.»    
En plus, dans cette zone arachidière, l'énergie utilisée au niveau des ménages provient des ressources ligneuses. La raréfaction de la ressource s'explique par la coupe du bois pour la cuisson. «La salinisation est certes un phénomène naturel, mais les gens qui exploitent le sel et qui l'exposent dans des zones non salées en ont une part de responsabilité. Le fait de stocker le sel à   même le sol entraîne sa dégradation. Il est vrai que c'est un phénomène naturel, mais il est surtout entropique.»
Le projet de renforcement des capacités pour le Contrôle de la dégradation des terres et promotion de leur valorisation dans les zones de sols dégradés (Codeval) n'est pas un projet de réalisation physique. Son objectif consiste à   renforcer les capacités des ac­teurs pour que les activités de lutte contre la dégradation des terres et de promotion de leur valo­risation soient réalisées con­tinuellement par les populations elles-mêmes. C'est aussi un projet qui ne fait pas de gros investissements sur le terrain. «Nous donnons aux populations et aux techniciens des techniques ap­pro­­priées en fonction du con­texte du milieu. Nous leur donnons des techniques qui les aident à   valoriser leurs terres. Le projet porte sur la régénération naturelle, le compostage amé­lioré et diverses activités visant à   renforcer les capacités des populations dans le sens de revaloriser leurs terres dégradées», a informé le commandant.
Le projet Codeval prorogé
Démarré en 2011 pour une durée de 5 ans, Codeval qui devait prendre fin le 3 mars 2016 dans les régions de Kaolack et de Fatick a connu une prolongation d'un an pour permettre la démultiplication des activités, vu le retard accusé dans son exécution dans certains sites.
Il couvre 20 villages, soit 10 par région ou 5 par département. «Chaque département a 5 villages pilotes et chaque village polarise 4 autres villages prioritaires. Donc nous sommes sur 10 villages, mais on peut dire qu'on est sur 50 villages», expli­que Omar Dieng. Les résultats sont satisfaisants d'après lui. «Nous avons capacité des techniciens et des populations et l'on est en train de voir des résultats sur le terrain par le compostage et l'amélioration de la fertilité des sols», se réjouit-il.
Dans le cadre de la lutte contre la dégradation des sols, le projet a mis aussi en place des ouvrages antiérosifs comme des cordons pierreux, des diguettes en terre avec bandes enherbées, des diguettes en cadre. Des technologies permettant de lutter contre les érosions hydriques comme le reboisement, la plantation des brise-vents et des haies vives, la culture en couloir et la régénération naturelle assistée ont été développées grâce au Codeval.

Source: 
lequotidien.sn

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