KAOLACK-EXTENSION DES PERIMETRES CHAMPETRES D’EXPLOITATION DU SEL DANS LA COMMUNE DE NDIAFFATE LES POPULATIONS ACCUSENT L’ADMINISTRATION LOCALE ET PROMETTENT DES REPRESAILLES CONTRE LES SERVICES EN CHARGE DU FONCIER

Le contentieux à propos d’un domaine foncier situé sur le bras du fleuve Saloum persiste de plus en plus entre la société des Salins du Sine Saloum et les populations de Ndiaffate. Survenu en 2010 au moment où ladite société de statut agricole s’attelait à élargir ses périmètres dans la commune de Ndiaffate, il ne se passe jamais une année sans que ce bras de fer ne se remette au goût du jour, au moins trois à quatre fois.

Les populations qui se disent être dans leurs droits, refusent que les Salins du Sine Saloum viennent exploiter chez elles, des ressources qui ne leur appartiennent pas, à moins qu’ils marchent sur leurs cadavres. Malgré la multitude de démarches concédées de part et d’autre pour un dénouement de la crise, le problème reste entier et aucune institution compétente ne s’en est saisie. Ainsi à Ndiaffate, le ras-le-bol populaire se manifeste de plus en plus et les populations menacent aujourd’hui de saisir le matériel de toute équipe déployée dans cette bande de terre pour des opérations de délimitation foncière.

Sont-ils sous la protection de l’administration locale pour prétendre à une nouvelle phase extension de leurs champs d’exploitation du Sel dans la commune de Ndiaffate sans le consentement des autorités et populations de ladite commune ? En tout cas tout laisse à croire à cette hypothèse si l’on s’en réfère à ce qui s’est passé mardi dernier sur la zone périphérique Est de la commune de Ndiaffate. Ce jour-là, les populations se sont dites «surprises d’avoir constaté la présence d’une équipe des services du cadastre de Kaolack sur leurs périmètres communaux juste à la sortie du village de Diarra Peulh séparé de Ndiaffate que d’un jet de pierre».

Interpellée sur les raisons de leur présence dans ces lieux, l’équipe de techniciens en foncier leur a ainsi signifié qu’elle est là juste pour passer à une nouvelle délimitation des frontières entre la commune de Kaolack et celle de Ndiaffate. Et puis que la commune de Ndiaffate comme l’énumèrent les textes administratifs est délimitée sur sa partie Nord-Ouest par le bras du fleuve Saloum. Les populations ont vite compris que les techniciens du cadastre étaient plutôt animés par une autre intention et que leur visite avait une autre signification autre que celle qu’ils ont rapportée. Puis qu’elles sont souvent habituées à voir ce genre de techniciens venir procéder à des opérations similaires, les populations disent ainsi avoir l’idée que l’équipe du cadastre s’est plutôt déplacée à Ndiaffate pour le compte des Salins du Sine Saloum, et mieux pour leur dresser le nouveau plan d’exploitation que la société doit disposer dans la commune de Ndiaffate.

Ce nouveau plan selon elles, prendra en compte le village de Bill, Diarra Peulh, Kousnar et la forêt de Vélor, des collectivités qui font toutes parties du patrimoine urbain de Ndiaffate. Mais le plus dur, racontent les populations, est qu’avec ce nouveau plan d’exploitation, la société des Salins du Sine Saloum sera à nouveau privilégiée d’un circuit linéaire de 18 Kms qu’elle va exploiter sur le dos des collectivités environnant alors que six (6) ans avant, elle ne disposait que de 8 kms de périmètres champêtres. En contrepartie, la société comme racontée par les populations, ne prévoit aucune ressource pour compenser les populations de ces collectivités «violées».

Ces populations révèlent toutefois que depuis son installation dans la région il y a 102 ans, la société n’a jamais observé une seule action humanitaire ou d’ordre social pour les populations de Ndiaffate. Dans son mobile, elle n’a ni construit de structure médicale, ni d’écoles, ni équipé ces genres d’infrastructures ou encore moins se livrée à des actions de dotation de produits contribuant à l’épanouissement des populations. Et pourtant, elle prétend aujourd’hui à un projet qui, non seulement risque de confisquer aux futures générations l’un de leurs plus importants patrimoines, mais surtout risque de fermer l’un des parcours du bétail les plus fréquentés de la commune de Ndiaffate et les multitudes de projets de développement que les populations entendent dérouler pour sortir leur terroir des gouffres de la précarité.
 

Auteur: 
Abdoulaye Fall
Source: 
Sud Quotidien

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