SIDIKI KABA, MINISTRE DELA JUSTICE, SUR L’AFFAIRE DES HOMOSEXUELS A KAOLACK

«Ce sont des citoyens qui ont bénéficié de liberté provisoire»
En marge de l’inauguration du quartier des mineurs de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Thiès, le garde des Sceaux et ministre de la Justice s’est prononcé sur l’affaire des supposés homosexuels de Kaolack. Selon Me  Sidiki Kaba, les mis en cause sont des citoyens qui ont bénéficié de liberté provisoire, en attendant d’être jugés. Et ce droit, dit-il, est garanti à tous les citoyens.

La libération des supposés homosexuels de Kaolack a créé une vague d’indignation dans la capitale du Sine Saloum. A Thiès hier dans le cadre de l’inauguration du quartier des mineurs de la Maison d’Arrêt et de Correction (Mac, le garde des Sceaux et ministre de la Justice s’est prononcé sur l’affaire. Et Me Sidiki Kaba de déclarer : « d’abord avec la loi au Sénégal, il n’y a pas d’homosexuels. Nous avons une législation qui condamne ceux qui pratiquent des actes contre-nature dans un lieu public, c’est-à-dire tout ce qui porte atteinte à la pudeur. C’est ce qu’il faut surtout retenir. Mais toute personne, quelle qu’elle soit, a des droits. Lorsque vous comparaissez devant la justice, c’est l’égalité des citoyens devant la loi. Il s’agit donc de citoyens qui ont bénéficié de liberté provisoire, en attendant d’être jugés. Et ce droit est garanti à tous les citoyens. Il faut aussi rappeler qu’aucune protestation d’hystérie ne doit aller à l’encontre des droits de ces personnes qui ont droit à être défendues devant la justice et à donner leurs propres points de vue pour ce pourquoi elles sont poursuivies. Le Sénégal est un Etat de droit et il faut le rappeler avec force».

 

 Me Sidiki  Kaba a tenu  ces propos en marge de l’’inauguration du carré des mineurs de la Mac de Thiès qui, à l’en croire, obéit à une volonté de faire en sorte que les conditions de détention soient meilleures pour les détenus, particulièrement les mineurs. Selon le ministre, Thiès constitue un véritable laboratoire en ce qui concerne la prise en charge des mineurs en danger ou en conflit avec la loi. «Dans ce cadre, l’ouverture d’esprit des acteurs institutionnels que sont les magistrats en charge du tribunal pour enfant et les agents de l’administration pénitentiaire a permis la mise en œuvre d’une expérience originale, pilotée par l’Association pour le sourire d’un enfant, en matière de justice réparatrice, à travers la pratique de l’escrime», affirme le ministre. Il renseigne que c’est cette même association et l’ambassade de Suisse au Sénégal qui ont contribué à la construction de l’infrastructure. « Cette infrastructure va permettre une meilleure prise en charge des mineurs en conflit avec la loi, à travers leur séparation d’avec les détenus majeurs, afin de leur assurer une assistance éducative adaptée à leur état, en vue de leur resocialisation par le biais de mécanismes de réhabilitation adaptée».

Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie, indique le  ministre de la Justice, le président de la République Macky Sall a prévu la construction d’une prison à Sébikotane qui va répondre aux standards internationaux, de telle sorte que la prison soit à la fois un lieu d’enfermement, mais aussi un lieu de préparation à la réinsertion sociale. «C’est un objectif fondamental de la politique pénale au Sénégal, afin que toute personne privée de liberté soit traitée avec l’humanité et le respect de la dignité inhérente à la personne humaine». Poursuivant, il soutient : «cet impératif du respect de la dignité humaine en détention s’accommode mal de la cartographie pénitentiaire actuelle».

Faisant un rappel historique, Me Sidiki Kaba indique que « toute les prisons du Sénégal datent de l’époque coloniale. La première prison a été construite à Saint-Louis en 1863, ensuite il y a eu le pénitencier de Bambey qui a fonctionné de 1916 à 1927. La prison de Rebeuss de Dakar fut inaugurée en 1929. Quant aux camps pénaux de Thiès (qui fut une poudrière de l’armée coloniale), Kelle, Sindian et Koutal, qui datent de 1947, ils servaient essentiellement à l’utilisation de la main d’œuvre pénitentiaire. Depuis cette date, aucune prison n’a été construite au Sénégal».

Mbaye SAMB

Source: 
L’As

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